
Sept 21—2023″
Académie du Climat, Paris
L’impact du réchauffement climatique sur l’exploitation sexuelle,
Table ronde
TABLE RONDE ET ÉVÉNEMENTS
À L’ACADÉMIE DU CLIMAT
Le 21 septembre 2023, nous avons proposé une table ronde liant deux sujets peu étudiés concomitamment, le réchauffement climatique et son impact sur l’exploitation sexuelle. Nous avons proposé diverses approches à l’Académie du Climat, surprise et très favorable à cette nouvelle approche :
Le changement climatique engendre des modifications des conditions de vie, parfois insupportables. C’est la raison pour laquelle les personnes migrent en quête de survie, à l’intérieur des pays ou par voies transnationales. Ce déplacement mène à des situations de grande précarité et de pauvreté, ce qui augmente les risques d’exploitation sexuelle.
Les personnes qui migrent dans des conditions précaires sont plus vulnérables à l’exploitation sexuelle, en particulier les femmes et les enfants. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, 80 % des personnes déplacées en raison des changements climatiques sont des femmes.
Le phénomène du réchauffement climatique affecte les besoins primaires des personnes vivant dans des zones agricoles, et dépendantes de ses ressources. Avec la sécheresse ou les inondations notamment, les récoltes sont impactées et diminuées. L’insécurité alimentaire s’en trouve amplifiée. L’environnement modifié, devient alors propice à l’augmentation des violences sexuelles et à la traite des êtres humains.

Contre les idées reçues
L’exploitation sexuelle est souvent perçue comme un fléau uniquement présent dans les pays du Sud et sans lien avec le réchauffement climatique. Or les atteintes aux droits humains impliquent tout le monde. Pour exemple, le tourisme sexuel se développe sur une clientèle composée aux 3/4 de personnes occidentales. Et il est favorisé par les migrations internes dans les pays suite aux catastrophes climatiques.
Réunion d’association et d’intervenant.e.s
Notre table ronde a permis de réunir des associations comme Action Contre la Faim, WECF France, L’Homme et l’environnement.
– Tanit Iglesias Zayas
Conseillère principale en genre à Action contre la faim France, spécialisée dans l’intégration du genre dans le secteur humanitaire, la violence sexiste et les droits à la santé sexuelle et reproductive.
– Anne Barré
Avocate, Conseillère de Paris (15e), Membre du CESE & CNIL, Présidente de la commission Égalité à l’UNAPL, co-rapportrice de l’avis sur Inégalité de genre, crise climatique et transition écologique.*
– Aminata Niakaté
Avocate, Conseillère de Paris (15e), Membre du CESE & CNIL, Présidente de la commission Égalité à l’UNAPL, co-rapportrice de l’avis sur Inégalité de genre, crise climatique et transition écologique.

(…) Au-delà du déclaratif, les thématiques transversales de l’égalité de genre et de l’environnement sont peu croisées, elles restent déclinées en silos étanches et les passerelles qui les relient sont ténues. Aucun rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (…) n’intègre de données genrées. (…) Les politiques publiques nationales, qu’elles soient environnementales, industrielles, agricoles, énergétiques, ou qu’elles concernent la mobilité ou l’aménagement du territoire, ne prennent pas ou peu en compte le genre*.
*Inégalité de genre, crise climatique et transition écologique, Avis rendu par le Conseil économique, social et environnemental https://www.lecese.fr/travaux-publies/inegalites-de-genre-crise-climatique-et-transition-ecologique
